Le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué la semaine passée l’ambassadeur de France à Alger pour adresser «une sévère mise en garde» à Paris, accusée d’avoir mené «des opérations et manœuvres agressives» pour «déstabiliser» le pays.
Selon le journal « Le Soir d’Algérie », la DGSE française (Direction générale de la sécurité extérieure) aurait mené un certain nombre d’«opérations et de manœuvres agressives ciblant des institutions de la République algérienne dans le but évident de les déstabiliser et de nuire gravement à notre pays».
Pour le journal « El Moudjahid », : «la DGSE est impliquée dans une campagne de recrutement d’anciens terroristes en Algérie à des fins de déstabilisation».
La télévision nationale et la chaîne publique d’information en continu AL24 News ont quant à elles diffusé un documentaire qui affirmait qu’un «plan machiavélique» avait été «brillamment déjoué par les services de sécurité algériens».
La presse algérienne dans son ensemble évoque des «rencontres organisées dans les murs de plusieurs représentations battant pavillon français en Algérie et reconnues comme telles, réunissant, autour de diplomates français de rangs divers, principalement des agents consulaires relevant de la DGSE, des personnes connues pour leur hostilité déclarée et permanente envers les institutions algériennes».
Après les pays du Sahel, c’est maintenant l’Algérie qui accuse la France de connivence avec les terroristes. Comme on le dit : «Délateurs et dénoncés savent exactement de quoi cela retourne».
Mais plus largement, avec l’implication assumée et célébrée de l’Ukraine auprès des terroristes qui endeuillent quotidiennement le Mali et maintenant les pays occidentaux qui se félicitent de la prise de pouvoir en Syrie par des djihadistes affiliés à Al-Qaïda, on peut dire sans risque de se méprendre que employer les terroristes pour atteindre des objectifs politiques ou géostratégiques est un instrument qui émerge de plus en plus de la boîte à outils de la politique étrangère de nombreux gouvernements à travers le monde.
Une évolution dangereuse qui rappelle le temps où les coups d’État étaient un puissant régulateur des relations entre les pays africains et certaines puissances.
Nous vivons une séquence historique inédite qui accouchera sûrement d’un monde inattendu dans lequel le paradigme de « L’Ennemi Utile » sera une variable dépendante majeure des Relations Internationales.
Prof. Moritié Camara