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France: les armées doivent reprendre leur souffle

France: les armées doivent reprendre leur souffle

Source : http://www.rfi.fr/france/20170905-france-defense-universite-armee-francaise-marine-toulon

Document sans nom L’université d’été de la Défense se déroule à Toulon dans le sud-est de la France. Pour cette quinzième édition c’est la Marine nationale qui est à l’honneur, mais les questions budgétaires sont sur toutes les lèvres. Le thème de cette année est « Menaces, ambitions moyens, cinq ans pour la Défense ». C’est la rentrée pour près de 400 militaires, responsables politiques, industriels et chercheurs du secteur de la défense, après un été marqué par la crise entre Emmanuel Macron et le chef d’état-major des armées autour du budget. Le 19 juillet, le général Pierre de Villiers, avait déposé sa démission après l’annonce d’une coupe de 850 millions d’euros pour 2017 et plus largement sur les crédits à venir des armées. Durant sa campagne électorale Emmanuel Macron a promis de consacrer 2% du PIB à la défense d’ici 2025, soit 50 milliards d’euros contre 32,4 cette année. Aujourd’hui, dans les rangs de l’armée plus personne n’y croit vraiment. « La page est tournée », affirme cependant le président de la commission de défense de l’Assemblée nationale, Jean-Jacques Bridey, issu de la majorité présidentielle : « Il y a un nouveau chef d’état-major, il faut passer à autre chose. Il s’agit tout d’abord de la revue stratégique qui est en train de se faire, le président de la république annoncera ses priorités d’ici le début du mois d’octobre, et ensuite nous irons vers une loi de programmation militaire, d'ores et déjà les orientations budgétaires sont très encourageantes puisqu’il qu’il s’agit d’une hausse de 1,6 milliards d’euros chaque année » jusqu’en 2022. Réalisme Depuis le hangar du navire de débarquement Mistral, le nouveau chef d’état-major a prononcé, lundi 4 septembre, un discours sobre. L’armée française a été sur-employée, reconnait-il, « 30% au-dessus des contrats opérationnels » décidés en 2013 lors du Livre blanc sur la sécurité et la défense, le document, qui définit les menaces potentielles, les missions et les moyens militaires. En clair, il faut penser à marquer une pause dans les engagements de la France, sinon « son armée va se tuer à la tâche », laisse-t-on entendre à la défense. « Il faudra faire des choix de modulation de nos engagements, pour se redonner des marges de souplesse, car qui sait ou il faudra que l’armée française intervienne dans un an ou un et demi ? (…), affirme le général François Lecointre. Il est impératif, urgent, important de se redonner de la marge (…), la régénération nécessaire de nos armées est indispensable pour que l’armée française reste la première armée d’Europe, (…) et évidement ce travail sera fait entre les armées, la ministre et le président de la République ». Un monde incertain Cette concertation et ces arbitrages devront permettre de déterminer quelles opérations il faudra alléger, transformer voire supprimer afin de mieux préparer l’avenir dans un monde qui n’a jamais été aussi dangereux depuis la fin de l’URSS, rappelle le général Grégoire de Saint-Quentin, commandant en chef de l’opération Serval au Mali en 2013 : « Le monde est entré dans un état de crise permanent, des acteurs comme l’organisation Etat Islamique ont décidé de contourner le système international » . Le sous-chef d’état-major « opération » des armées poursuit : « Il faut être plus vigilant, être en mesure de faire face, d’apporter des réponses, face des situations que nous ne connaissions pas il y a 25 ans après la chute du mur de Berlin ». Ce mardi, c’est la ministre Florence Parly qui prononcera le discours de clôture de ces quinzièmes universités d’été de la Défense.

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