Aujourd'hui :

ivoireactu ivoireactu ivoireactu ivoireactu

Derniers meetings et fin de campagne en Angola

Derniers meetings et fin de campagne en Angola

Source : http://www.rfi.fr/afrique/20170820-derniers-meetings-campagne-angola-mpla-casa

Document sans nom Après le MPLA, samedi, la troisième formation politique d'Angola, le Casa-Ce, tenait son dernier meeting dimanche 20 août, avant l’Unita ce lundi. Mercredi, plus de neuf millions d’Angolais seront appelés aux urnes pour départager six partis lors de ce scrutin qui doit élire le nouveau Parlement chargé ensuite de désigner le président. José Eduardo Dos Santos a décidé de quitter le pouvoir, même s’il va garder la tête de son parti, le MPLA. Quelle est l’atmosphère dans la capitale à quelques heures de la clôture de la campagne ? Fête sur la plage pour le MPLA et ses dirigeants. Fête privée, les journalistes ne sont pas les bienvenus. Musique à fond et du crabe dans toutes les assiettes. Les militants et cadres du parti au pouvoir ne le cachent pas : ils fêtent déjà une victoire que l’on dit acquise. Le MPLA est depuis 42 ans au pouvoir et n’entend pas le perdre. « Il n’y aura pas deux présidents de la République. Cela n’arrivera pas. Un exécutif bicéphale existerait dans le cas où il y aurait deux présidents. Il y aura un président de la République et un président du parti. C’est normal. Nous n’allons pas gagner avec 30 % et quelque comme l’affirment certains pseudos sondages. Si cela arrivait, alors peut-être que nous serions amenés à former une alliance. Mais cela ne va pas arriver. Nous allons gagner avec une large majorité et dans ce cas, ça n’a aucun sens de faire appel à qui que ce soit pour gouverner avec moi. Au vu de la grande adhésion que nous avons constatée pendant plusieurs mois à notre parti, le MPLA, je pense que le 23 août ne sera qu’une formalité », estime João Lourenço, le candidat du MPLA au micro de RFI.L'opposition à l'affût « Ils ne doivent pas frauder, il faut qu’ils fassent attention », prévient le directeur de la communication du Casa-Ce, un parti politique qui s'applique à comptabiliser les irrégularités déjà constatées. Le meeting de ce tout jeune mouvement créé en 2012 se tient place du 1er-Mai et la musique est tout aussi forte. Des rappeurs, comme le très militant MCK, sont là pour galvaniser essentiellement des jeunes séduits par le slogan « ni MPLA, ni Unita ». « 80 % de la jeunesse ne veut plus du MPLA, c’est la vérité », assurent ses militants. Rien à voir avec l’impressionnante foule de la veille au meeting du parti au pouvoir. « Oui, mais ici, personne n’est payé ou forcé de venir », rétorquent les jeunes du Casa-Ce. A cinq minutes de là, dans un lieu tenu secret, de jeunes activistes se retrouvent pour assurer le monitoring de la campagne et des élections. Parmi eux, le rappeur Luaty Beirao, qui montre sur son ordinateur le déséquilibre du temps de parole entre le parti au pouvoir et les autres formations politiques sur les médias publics comme privés. « Le gouvernement, le MPLA et la Commission électorale, c’est une coalition. L’élection sera libre, mais c’est tout : ni juste, ni crédible. » C’est ce qu’entend démontrer Jiku, sa plateforme.Malgré la déception, ce militant du MPLA ne se voit pas quitter le parti À sa fenêtre, un drapeau du MPLA. Fonctionnaire de l’Etat, il fait campagne pour le parti au pouvoir. « Je suis né dans le MPLA, je fais partie de la jeunesse du MPLA, j’ai combattu », raconte-t-il. Il se souvient de l’époque où l'on considérait l’Unita comme l’ennemi, rebelle comme civil, « on tirait sur tous ceux qui ne partageaient pas notre philosophie », se souvient encore ce cadre du parti au pouvoir. Il admire Jose Eduardo Dos Santos pour avoir réussi à se maintenir pendant la guerre. Lui qui était si jeune, souligne-t-il, pour avoir limité le nombre de mandats, aboli à peine de mort, mais il dénonce une impunité totale des détournements d’argent public à tous les niveaux. La famille présidentielle qui, dit-il, pèse jusque dans son assiette à travers deux sociétés qu’elle dirige, Sonangol la compagnie pétrolière et Unitel la compagnie de téléphonie mobile. Mais il ne veut pas quitter le parti, il se dit sûr de perdre son travail, il n’est pas non plus convaincu par les partis d’opposition, pas de projet de société, pas convaincu non plus qu’ils aient une marge de man½uvre, c’est le MPLA qui est aux commandes et qui a l’argent. « Comment vont-ils gérer le pays ? », demande encore ce cadre, qui ne croit pas non plus en une révolution populaire. Aucun citoyen angolais n’a aujourd’hui envie d’entendre un coup de feu, rappelle-t-il. Il rêve d’une révolution de l’intérieur et d’un président qui va comprendre les besoins de la population.

Tags:

A- A A+