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Attentats de l'EI à Téhéran: une première pour l'Iran

Attentats de l'EI à Téhéran: une première pour l'Iran

Source : http://www.rfi.fr/moyen-orient/20170607-iran-analyse-double-attentat-etat-islamique-raisons

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L’Iran a été le théâtre d’un double attentat, ce mercredi 7 juin. Douze personnes ont perdu la vie dans deux attaques revendiquées par le groupe Etat islamique à Téhéran. Le Parlement iranien, mais aussi le mausolée de l’ancien guide suprême l’ayatollah Khomeini, ont été ciblés. C'est la première fois que l'Iran, qui lutte contre les jihadistes en Irak et en Syrie, est visé par une attaque terroriste de cette ampleur.

Depuis l’émergence du groupe Etat islamique, l’Iran a toujours réussi à éviter les attaques des jihadistes. Mais ce n’est pas parce qu’il n’y pas eu d’attentats qu’il n’y a pas eu de tentatives.

Les services de sécurité iraniens ont plusieurs fois démantelé des cellules terroristes sur leur propre territoire. L’Iran, chiite, abrite une minorité musulmane sunnite. Des Kurdes et des Baloutches iraniens ont même rejoint les rangs du groupe Etat islamique.

Un risque a donc toujours pesé sur l’Iran. D’autant que la République islamique combat les jihadistes de l’EI, aussi bien en Irak qu’en Syrie.

Le groupe Etat islamique considère également les chiites comme hérétiques. Dans leur hiérarchie de l’horreur et de la haine, les jihadistes considèrent qu’un musulman chiite est pire qu’un « Croisé », terme utilisé pour désigner les Occidentaux.

Rarement d’ailleurs une revendication d’attentats de l’EI est intervenue aussi rapidement. Le groupe Etat islamique a clamé sa responsabilité alors que les deux attaques terroristes étaient en cours à Téhéran.

« Une cible de choix » pour l’EI

« Ça rentre dans la dynamique régionale, qui ne connait pas de frontière, analyse Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste des mouvements jihadistes. Là je pense qu’ils [le groupe EI, ndlr] ont eu l’opportunité, donc ils l’ont fait. Il n’y a pas vraiment de surprise. Il y a toutes les raisons objectives internes à l’Iran et à la géopolitique régionale pour faire que c’est une cible de choix ».

Wassim Nasr insiste néanmoins sur le fait que si l'Iran est une cible, « ce n’est pas au même titre que les Occidentaux, parce que ce ne sont pas les mêmes dynamiques, pas les mêmes guerres, pas les mêmes raisons. »

Mais s’il y a « des éléments objectifs pour que l’EI puisse mener des opérations », le journaliste ne considère pas que l’on puisse encore parler de véritable « implantation » du groupe terroriste ou de « maquis de l’EI » en Iran. En revanche, « mener des opérations dans un pays comme ça où les armes sont faciles d’accès, où il y a des combattants qui ont déjà été dans les rangs de groupes jihadistes dans des pays limitrophes, voire même sur le sol iranien, bien sûr que c’est tout à fait possible », souligne Wassim Nasr.

Situation inédite

Si de nombreuses forces policières ont été déployées dans les rues après la double attaque, notamment à côté du Parlement, le journaliste indépendant iranien Ahmad Parhizi rappelle que sur le moment, c’est surtout la confusion qui a régné au sein de la population.

« Les gens étaient un peu confus » à cause « des informations contradictoires qui venaient de la part de la télévision d’Etat » concernant les chiffres et la situation, explique-t-il. Il souligne aussi le manque d’informations « pour dire aux gens comment réagir à ce genre d’évènements, parce que c’était sans-précédent, inédit. »

Le journaliste se demande désormais comment les autorités vont réagir dans les jours à venir. « Est-ce qu’elles vont renforcer la sécurité dans les villes ? Est-ce qu’elles vont l’utiliser comme un instrument sur la scène politique ? Je pense que ça va changer beaucoup de choses au niveau de la sécurité dans les lieux publics. Ils vont revoir ces mesures de sécurité. Le métro, les lieux saints ne sont pas bien protégés. Même le Parlement n’était pas bien protégé. »

Cette double attaque vient fragiliser la situation, estime-t-il. « Le régime était très fier de voir que le pays est stable mais maintenant, ils ont perdu cette situation calme, en comparaison avec les autres pays. »

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