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Logements sociaux : le gouvernement plafonne les prix, les constructeurs doutent de la faisabilité

Logements sociaux : le gouvernement plafonne les prix, les constructeurs doutent de la faisabilité

Source : www.ivoireactu.net

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Le gouvernement de Côte d’Ivoire a mis en place des mesures « appropriées et durables » afin de faciliter le logement pour tous à chaque ivoirien.

« Le prix unitaire maximum de vente des logements à caractère économique à vingt-trois millions (23 000 000 F) de francs CFA, hors taxes et celui des logements à caractère social, à douze millions cinq cent milles (12 500 000) francs CFA, hors taxes » et ce dans le cadre du programme présidentiel de logements.

C’est ainsi qu’a été formalisée l’ordonnance n° 2017-279 du 10 mai 2017 qui prévoyait un aménagement des
dispositions de code général des impôts en faveur des entreprises qui réalisent de grands investissements dans le secteur de l’habitat. « Cette ordonnance accorde une exonération de 50% de l’impôt sur les bénéfices aux entreprises constituées pour exécuter un programme de construction de logements à caractère économique et social » annonçait le communiqué final du conseil des ministres du 10 mai dernier.

« On a trop vite fait de dire que les logements vont coûter 12 millions ou 23 millions » a confié Koné Moussa, opérateur agréé pour la construction des logements sociaux à Politikafrique.info. Et de préciser aujourd’hui dans la réalité, tout ce qu’il y a comme opération immobilière sur l’ensemble du pays tourne autour de 25 à 30 millions
pour les maisons économiques. Il explique que la fixation du prix d’une maison tient compte du coût de la construction qui elle est impactée de manière exorbitante par plusieurs facteurs d’où le coût de vente élevé. « Cela dit si on demande de faire des maisons a un coût donné, c’est qu’il y a des avantages à accorder, explique l’entrepreneur. Quant à la réduction de 50% d’impôt, il mentionne qu’ils sont divers et multiformes et que les 50% ne concerne qu’un seul impôt « C’est bien 50% sur un impôt mais ce serait encore mieux sur tous les autres impôts » recommande-t-il.

Soro Doté, président de la conférence des PME-PMI du bâtiment et travaux publics de Côte d’Ivoire, également promoteur immobilier agréé dans le cadre des logements sociaux déclare que « ce sont des anciens textes qui
ont été réchauffés affirmant que cela va réduire le coût des maisons. »Il affirme que cette décision de l’Etat « n’est pas véritablement juste parce que les maisons ne seront moins chère qu’à condition que l’Etat acceptent lui-même de viabiliser les terrains ». Ce qui n’est pas le cas selon Soro Doté. Il explique qu’à part les grandes voies
principales, tous les (VRD) voirie, réseau, drainage à l’intérieur des cités sont construites par l’opérateur. Il mentionne d’autres charges notamment : « les hypothèques faites sur les maisons, les frais des notaires, les études qui sont ajoutées qui se greffent au prix de la maison, la construction des caniveaux et adduction d’eau, l’éclairage« , énumère le constructeur. « Alors que tout ceci a un coût. Cela veut dire en clair que la maison ne pourra pas être moins chère ». Et de s’interroger, « lorsque vous apprenez qu’une maison sociale va coûter
12 millions et économique 30 millions, pensez-vous que ce soit véritablement pour des personnes économiquement faible ? » Comme doléance, il demande à l’Etat de viabiliser les terrains, de mettre en place un fonds de garantie auprès des banques ou alors que le taux d’agio indiqué à 5,5% par l’Etat à la banque soit respectée au lieu des 14% que ponctionnent les banques.

Du coté des consommateurs, Doukoua Godé, président de la fédération nationale des associations de consommateurs de Côte d’Ivoire salue cette initiative de l’Etat. Cependant il tient à ce que cette décision de
l’Etat soit profitable au consommateur. Pour lui, le problème en Côte d’Ivoire, c’est que « nous avons de très bons textes mais quand ils sont pris, ils ne sont pas suivis, exécutés, il n’y a pas de contrôle la-dessus ». Il a toujours en mémoire la suspension de plusieurs taxes au niveau des importateurs de riz en 2008 qui n’a jamais profité au
consommateur.

Quant à Maxime Sako, consultant en économie , cet acte de l’Etat l’amène à se poser des questions : « D’abord, Existe-t-il des liens de cause à effet entre le fait de payer moins d’impôt et le fait de faire baisser le coût des prix de vente ? Que représente cette baisse de 50% ? Sera-t-elle suffisante pour faire baisser le prix des loyers? Quel sera
le montant exact de cette réduction ? » Il s’interroge également sur la signification du mot « encourager ». Selon lui, les entreprises immobilières, après avoir bénéficié d’une baisse significative d’impôts, ne seront pas contraintes mais seulement « encourager » à baisser les coûts des maisons. « Cela ressemble curieusement à un dossier mal ficelé
». conclut l’économiste.

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