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Thomas Pesquet s'apprête à effectuer sa toute première sortie dans l'espace

Thomas Pesquet s'apprête à effectuer sa toute première sortie dans l'espace

Source : http://www.rfi.fr/science/20170112-espace-thomas-pesquet-shane-kimbrough-sortie-extra-vehiculaire-sc

Les astronautes Shane Kimbrough (Etats-Unis) et Thomas Pesquet (France) sont actuellement dans la Station spatiale internationale, et vont réaliser ce vendredi 13 janvier ce qu'on appelle une sortie extravéhiculaire. Les pieds dans le vide, habillés d'une armure spatiale de 200kg, les deux hommes vont, durant six heures, effectuer le branchement de trois batteries lithium-ion de la station internationale.
 
Ce vendredi 13 janvier à 12h05 TU, 13h05 heure de Paris, ils seront deux dans l’environnement le plus extrême que l’on puisse imaginer : le vide de l’espace. Le Français Thomas Pesquet et l’Américain Shane Kimbrough vont réaliser ce qu’on appelle une sortie extra-véhiculaire, une E.V.A. dans le jargon. Et c’est loin d’être une opération de routine.
 
Imaginez-vous filer à 28 000 km/h autour de l’espace...Autour de vous, rien, le vide absolu ! La température peut varier de + 100 degrés à – 100 degrés que l’on soit du côté ensoleillé de la Terre ou du côté nuit. La seule protection : un scaphandre de près de 200 kilogrammes.La sortie extra-véhiculaire, expérience ultime
 
C’est ce que vont vivre Thomas Pesquet et Shane Kimbrough ce vendredi 13 janvier, 6 heures durant, pour remplacer des batteries de la Station spatiale internationale. Forcément, cela ne s’improvise pas : « dans la formation d’astronaute, vous avez une formation spécifique aux sorties extra-véhiculaires », explique François Spiero, le directeur des vols habités au CNES, l’agence spatiale française. « Il y a même un petit diplôme ! ». En effet, les E.V.A. constituent sans doute l’activité la plus compliquée qu’un astronaute peut réaliser. « C’est très physique, il faut bouger dans le scaphandre, il n’est pas maniable car il est très lourd. Les astronautes peuvent perdre plusieurs kilos et ils en sortent complètement extenués. » C’est pour cette raison que la plupart des entraînements se font en piscine sur Terre. « Ca simule relativement bien ce que l’on peut ressentir dans le scaphandre ». Sauf bien sûr, les sensations de l’espace.
 
Les sens, dans tous les sens
 
Tous les sens y sont réduits : le champ de vision est limité. Les gants sont très rigides : pour serrer le poing, c’est comme si l’on serrait une balle de tennis. Il y a également l’impesanteur : on évolue dans un environnement dans lequel on se déplace en trois dimensions, ce qui peut être perturbant, notamment lors de la sortie du sas. « On fait toujours une sorte de manipulation mentale pour éviter d’être malade ou d’avoir des désorientations », explique Hervé Stevenin, qui a été l’entraîneur de Thomas Pesquet au Centre européen des astronautes à Cologne, en Allemagne. « L’astronaute peut imaginer que le bas est face à lui et le haut de l’autre côté. Mais en sortant, il peut trouver la Terre au-dessus ! et avoir un réflexe de panique, se dire qu’il va tomber. Les astronautes ont donc souvent tendance à se crisper, à s’accrocher de toutes leurs forces à la main courante ». C’est alors au centre de contrôle au sol, à Houston, de les rassurer. « Au début de la sortie, il y a une petite période d’adaptation, où on leur dit ‘Vous avez le temps, lâchez et vous verrez que tout se passe bien’. Et quand ils le font, ils réalisent que tout se passe bien et profitent du spectacle ».Une sortie dans l’espace, c’est en effet le rêve de tous les astronautes. Mis à part le scaphandre, c’est un sentiment de liberté totale, on flotte littéralement dans le vide avec la Terre en vue directe. Malheureusement pour eux, ils n’ont pas le temps d’en profiter. Sur les six heures que dure une sortie, chaque minute compte, car le planning est très chargé.
 
Derrière le rêve, le danger...toujours présent
 
Les E.V.A. sont des événements exceptionnels, il faut donc profiter de l’occasion pour effectuer un maximum de manipulations. Sans oublier le danger. Luca Parmitano, un astronaute italien de la même promotion que Thomas Pesquet a par exemple failli mourir lors d’une sortie extra-véhiculaire en 2013. Son système de recyclage d’eau a commencé à fuir, et son casque à commencer à se remplir : il s’est presque noyé dans l’espace, et a dû rentrer en urgence dans la Station spatiale internationale. « Ce ne sont pas mes qualités qui m’ont permis de m’en sortir », explique-t-il. « C’est l’entraînement, c’est l’expérience. Dans le monde de l’espace, il n’y a pas de place pour l’individu, jamais ! J’ai été entraîné par des gens qui ont décidé, qui ont réfléchi sur les manœuvres à accomplir, sur les procédures d’urgences. Ce sont eux qui m’ont dit que je devais connaître la station par cœur, mais que je devais connaître l’extérieur encore mieux, car il peut toujours se passer quelque chose d’imprévu. »
 
L’espace est un travail d’équipe, et Luca Parmitano aura d’ailleurs un rôle à jouer dans l’E.V.A. du vendredi 13 janvier. Il sera en effet CapCom au centre de Houston, c’est-à-dire que ce sera lui qui parlera dans l’oreillette de Thomas Pesquet et Shane Kimbrough.
 
Quant à ceux restés sur Terre, ils pourront également l’entendre puisque l’intégralité de la mission sera retransmise en direct sur les sites des agences spatiales américaine (NASA), européenne (ESA) et française (CNES).

 

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