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Alep: appel de six pays à un «cessez-le-feu immédiat»

Alep: appel de six pays à un «cessez-le-feu immédiat»

Source : http://www.rfi.fr/moyen-orient/20161207-alep-appel-six-capitales-cessez-le-feu-immediat

Face à l'offensive menée à Alep par les forces gouvernementales syriennes, l'impuissance des pays proches de l'opposition syrienne est patente. Malgré tout, ces pays n'ont pas abandonné tout espoir de parvenir à un cessez-le-feu. C'est le sens de l'appel lancé ce mercredi par la France et par cinq autres pays occidentaux, dont les Etats-Unis.
 
La déclaration est signée par la France et les Etats-Unis, mais aussi par l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni et le Canada. Les six pays réclament d'abord un cessez-le-feu immédiat, devant la catastrophe humanitaire qui se déroule à Alep et ils condamnent dans des termes très forts les actions du régime syrien et de ses alliés.
 
Pour obtenir ce cessez-le-feu, les six pays brandissent la menace de sanctions supplémentaires à l'encontre du régime syrien et de ceux qui agissent pour son compte.
 
Cet appel et ces menaces peuvent ils aboutir sur une solution négociée ? A priori non, tant le régime semble décidé à aller jusqu'au bout de son offensive. Autre obstacle qu'il sera très difficile de surmonter : Damas et Moscou posent en préalable à une solution négociée un départ des combattants rebelles les plus radicaux - ce à quoi la rébellion s'est pour l'instant refusée.
 
Cet appel risque donc malheureusement de rester lettre morte et le martyre d'Alep risque lui aussi de se prolonger.
 
►ANALYSE
 
Les forces gouvernementales syriennes ont pris le contrôle de la majeure partie de la Vieille ville d'Alep après le retrait des rebelles durant la nuit de mardi à mercredi. L'armée syrienne et ses alliés progressent rapidement dans la partie orientale d'Alep, trois semaines après le lancement de leur vaste offensive pour reconquérir toute la ville.
 
Les combattants rebelles ne cessent de reculer, de céder du terrain devant leurs adversaires. Désormais, les rebelles se retrouvent confinés sur un territoire qui correspond à moins du tiers de celui qu'ils contrôlaient il y a encore dix jours.
 
Face à l'effondrement militaire qui semble inexorable, les diplomates occidentaux et les pays qui soutiennent la rébellion ont peu de marge de manœuvre.Ils exhortent le régime syrien et ses alliés à cesser le combat. C'est ce qu'ont fait aujourd'hui la France, les Etats-Unis et quatre autres pays occidentaux. Une déclaration qui se veut très ferme non seulement à l'égard de Damas mais aussi à l'égard de la Russie et de l'Iran, principaux alliés du régime. Mais cette déclaration constitue aussi d'une certaine façon un constat d'échec pour ces pays qui ne peuvent concrètement rien faire pour venir en aide aux rebelles et à la population civile.
 
Les obstacles à une solution négociée
 
Un autre appel a été formulé ce mercredi, provenant de la rébellion elle-même. C'est-à-dire l'ensemble des groupes rebelles qui se battent à Alep-Est, y compris les plus radicaux comme l'ex-Front al-Nosra. Un appel désespéré bien entendu étant donné la situation militaire dans laquelle se trouvent les combattants d'Alep. Et il a peu de chances lui aussi d'aboutir pour la simple et bonne raison que les combattants rebelles se refusent toujours à rendre les armes et à quitter la ville..
 
Il y a de nombreux précédents depuis le début du conflit syrien : à Homs en 2014, à Daraya plus récemment et dans d'autres localités, où des accords de cessez-le-feu ont abouti, et où les combattants rebelles ont pu être évacués alors qu'ils étaient totalement encerclés. C'est encore faisable puisque la rébellion conserve des territoires où ces combattants pourraient se réfugier : dans la province d'Idlib, ou dans la province d'Alep.
 
Mais il y a au moins deux éléments qui font obstacle à cette solution négociée : d'abord la rapidité de cet effondrement militaire, qui ne peut qu'encourager le régime à poursuivre sur sa lancée. Ensuite, le contexte international avec la fin de la présidence Obama, et cette période de transition à la Maison Blanche qui laisse les mains libres en quelque sorte à la Russie et au régime syrien. Et il y a sans doute la volonté à Damas comme à Moscou d'en finir le plus vite possible, avant le mois de janvier, et d'en finir avec une victoire militaire la plus écrasante possible.

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