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L’écrivain Serge Joncour remporte le Prix Interallié

L’écrivain Serge Joncour remporte le Prix Interallié

Source : http://www.rfi.fr/culture/20161108-ecrivain-serge-joncour-remporte-prix-interallie

Après le prix des Deux Magots en 2015 pour L’Ecrivain national, le romancier Serge Joncour, 54 ans, a décroché ce 8 novembre le prestigieux prix littéraire Interallié pour son roman Repose-toi sur moi, publié aux éditions Flammarion. L’histoire située dans un immeuble parisien raconte la dispute et la rencontre entre une mère de famille et un ancien agriculteur reconverti dans le recouvrement de dette.

Que se passe-t-il quand une styliste rencontre un agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes ? En l’occurrence tous deux essaient de régler un problème dans leur immeuble parisien : des corbeaux sont venus s’installer dans la cour. La mère de famille demande alors à son voisin Ludovic de les tuer pour retrouver le calme.


Un « grand roman de l’amour et du désordre »

Dans ce « grand roman de l’amour et du désordre », Serge Joncour fait s'entrechoquer deux visions du monde, interagir l’espace intime avec l’espace public, et questionne nos rêves contradictoires. Avec des descriptions minutieuses et méticuleuses, il nous fait entrer dans l’espace intérieur des personnages. Par son métier, le recouvrement de dettes, Ludovic, un mètre quatre-vingt-quinze pour cent deux kilos, est habitué à entrer dans la vie des gens, dans leurs maisons, leur lieu intime : « Comme à chaque fois, il est frappé par une impression d’ensemble, c’est dû à cette indélicatesse ultime qu’il y a à débarquer chez des inconnus sans avoir prévenu de sa visite. »

Ludovic sait « marcher au-dessus du volcan » pour récupérer l’argent chez les autres. Car les impayés, c’est un bon filon en temps de crise. « Aujourd’hui les impayés en France, c’est six cent milliards d’euros par an. » Mais après deux ans, il est épuisé : « Il est accablé par la déveine des autres, ces braves endettés qui se font piéger par des crédits, ou ces embrouilleurs qui refusent de payer. »

Quant à Aurore, cette mère de famille débordée, fatiguée, depuis l’apparition des corbeaux dans sa cour, elle est exaspérée, privée de cette oasis dans une ville qui dévore le temps de ses habitants : « Depuis septembre, ses journées sont faites de ça, de temps qu’on lui vole, de temps qui ne lui appartient pas… même ses enfants elle les voit comme deux petits voleurs égoïstes, y compris Victor, son beau-fils, qui n’est là que dix jours par mois. »

Les corbeaux et les dettes

Les corbeaux lui ont volé ce sentiment de paix, d’harmonie avec la nature procurée par les deux arbres dans la cour de son vieil hôtel particulier. « Ces deux corbeaux sont à l’image de toutes ces peurs qui l’encerclent en ce moment, ces choses qui se détraquent, ces dettes qui s’accumulent, et son associé qui ne lui parle plus, depuis septembre tout concourt à l’affoler. »

Avec une grande finesse, l’histoire avance, nous aspire. Une histoire commune s’installe. Et petit à petit, le chacun pour soi, la peur de l’autre, cèdent la place à un destin commun, l’amour, l’espoir d’un vivre ensemble…

Romancier confirmé, les œuvres de Serge Joncour ont été souvent adaptées pour la télévision ou le cinéma comme U.V. en 2007, son scénario pour Elle s’appelait Sarah, avec Kristin Scott Thomas en 2010, ou encore Superstar, une adaptation de son roman L’Idole, publié en 2012, avec Kad Merad et Cécile de France qui raconte l’histoire d’un homme devenu célèbre sans qu’il ne sache pourquoi…

 

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