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«Galileo sera terminé en 2016-2017 et sera un magnifique succès»

«Galileo sera terminé en 2016-2017 et sera un magnifique succès»

Source : http://www.rfi.fr/europe/20140824-galileo-sera-termine-2016-2017-sera-magnifique-succes-soyouz-satel

Arianespace procédait, vendredi 22 août, au lancement de deux satellites Galileo grâce à une fusée russe Soyouz. Les deux satellites étaient censés se placer sur orbite, mais l’opération n’a pas bien fonctionné aussi Sat 5- Sat 6 se trouvent-ils actuellement sur une autre orbite, plus basse que celle définie initialement.
 
Un raté qui pourrait retarder la mise en place du système de navigation européen censé concurrencer le GPS. Alain Dupas, chargé d’étude au CNES et spécialiste des politiques des technologies et des programmes aérospatiaux, répond aux questions de RFI.
 
RFI : A l’heure où nous parlons, y a-t-il une chance de récupérer ces deux satellites ?
 
Alain Dupas : Les deux satellites fonctionnent, simplement ils ne sont pas sur la bonne orbite. C’est un problème de fonctionnement du dernier étage du lanceur. Maintenant, mettre les deux satellites sur l’orbite qui était prévue, je pense qu’on ne peut pas le faire. L’écart entre l’orbite où ils sont et l’orbite où ils devraient être est trop important. Ils sont dans l’espace, ils fonctionnent, les ingénieurs vont travailler pour voir ce que l’on peut faire avec ces satellites qui ne sont pas tout à fait là où on voulait qu’ils soient. Il est encore trop tôt pour parler d’un échec complet, mais ces deux satellites ne rempliront pas complètement la mission qu’ils devaient accomplir.
 
Le satellite n’a-t-il pas assez de carburant pour le remettre sur la bonne orbite ?
 
C'est-à-dire qu’une fois que la fusée a fini son travail, tout ce que vous pouvez faire c’est utiliser les moteurs propres du satellite et ses propres propergols pour modifier son orbite. Mais bien sûr, un satellite a des réserves limitées en carburant. Si c’était un tout petit écart, ce serait faisable. Dans ce cas, l’écart est vraiment très important. Les réserves de carburant du satellite ne permettront certainement pas de remonter les satellites jusqu’au niveau nécessaire pour qu’ils fassent leur mission nominale. Puis d’autre part, si vous commencez à consommer le carburant du satellite, vous allez réduire sa durée de vie...
 
Vont-ils continuer à tourner sur une autre orbite ?
 
Oui, mais sincèrement, l’autre orbite bien qu’elle ne soit pas exactement la même, n’est pas si éloignée que cela. Une fois que les analyses orbitales seront faites par des ingénieurs, à partir de méthodes mathématiques très complexes, à partir de méthodes d’ingénierie et d’analyse de système très complexe, ils pourront voir ce qu’ils vont pouvoir faire de mieux avec les satellites. Je ne doute pas que les satellites, s’ils fonctionnent normalement, ce que l’on saura très bientôt, on arrivera à faire quelque chose d’utile avec eux, même si ce n’est pas tout à fait ce qui était prévu.
 
Est-il vrai que plus l’orbite est haute et plus on obtient des informations précises ?
 
Non, pas du tout. Simplement, avec un système de navigation comme Galileo, d’ailleurs comme le système GPS américain ou le système Glonass russe, les satellites sont à une altitude d’à peu près 20 000 km. En l’occurrence là, ils sont à 23 000 km sur des orbites qui sont inclinées sur l’équateur à 55 degrés. Ce sont des satellites qui sont dans trois plans. Lorsque le système sera opérationnel, il y aura un total de 30 satellites, trois fois 10 satellites et dans chaque groupe de 10 satellites il y aura un satellite de réserve. Ces satellites forment un réseau qu’on appelle une constellation. Et bien, ces deux-là ne sont pas exactement dans la constellation. C’est comme dans un peloton cycliste, ils ne sont pas tout à fait dans le peloton, ils sont un peu lâchés derrière.
 
Sait-on ce qui a pu causer un tel incident ?
 
On sait ce qui ne s’est passé. Le lanceur Soyouz a comme étage supérieur, un étage frégate qui doit s’allumer deux fois. Le premier allumage a manifestement très bien fonctionné. Quelques heures plus tard, lorsque l’étage et ses deux satellites ont atteint l’altitude de 23 000 km, l’étage frégate a été rallumé. Manifestement, il a été rallumé alors qu’il était mal orienté. Donc il a créé la vitesse que l’on voulait qu’il crée certainement, mais il ne l’a pas du tout créé dans la bonne direction, ce qui fait que l’orbite finale, au lieu d’être un cercle à 23 000 km d’altitude dans le plan incliné à 55 degrés sur l’équateur, est une orbite elliptique qui est entre 13 000 et 29 000 km d’altitude sur une inclinaison de 50 degrés seulement. Donc, ce n’est pas la bonne orbite. On sait donc que c’est le deuxième allumage de frégate qui ne s’est pas bien passé.
 
Combien coûte une mission comme celle-là ?
 
On parle en millions parce que le système Galileo est un énorme programme financé par l’Union européenne, dans lequel l’organisation qui dirige techniquement ce programme est l’Agence spatiale européenne. C’est un programme qui a été décidé en 2012 et qui sera opérationnel en 2016-2017. C’est un programme au total de 7 milliards d’euros. Mais là, on ne parle que du lancement de deux satellites, plus le prix du lancement, c’est de l’ordre de –comme ça, mais je ne garantis pas du tout le chiffre- 250 millions d’euros.
 
Est-ce que ce retard porte préjudice à Arianespace face au géant américain GPS ?
 
Non. Ariane espace est la société qui s’occupe des lancements spatiaux. Les organisations qui s’occupent du programme Galileo sont l’Union européenne et l’Agence spatiale européenne qui confient à Arianespace le lancement.
 
Est-ce un coût dur pour l’Union européenne ?
 
Non, ce n’est vraiment qu’un incident de parcours dans un programme très long qui sera corrigé. Galileo sera terminé en 2016-2017 et sera un magnifique succès. Techniquement c’est absolument remarquable.

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