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J’ai cédé ma villa à un génie

J’ai cédé ma villa à un génie

Source : www.ivoireactu.net


J'aime mon village et j'ai toujours voulu y bâtir  une maison à la dimension de mon statut. Ce que mes proches m'ont toujours déconseillé m « Les sorciers accepteront jamais que tu bâtisses une maison moderne ici et que l’électricité arrive dans ce village, la lumière des lampadaires pourrait gêner leurs activités lugubres. Ils ne te feront pas de cadeau », argumentaient-ils.

Selon eux, ils avaient déjà sévi dans le village et le soude leurs frasques était encore frais dans la mémoire de tous. Des dignes fils de ce village qui les défiés avaient payé de leurs vies cette audace, je ne crus point à ses oiseaux de mauvais augure qui voulaient m'intimider.

Aussi, dès mon retour de France, engageai-je les travaux de ma résidence. Sur un terrain d’une superficie de plus de cinq hectares, autour d’un gigantesque iroko que des oncles m'offrirent. A cette époque, je faisais partie d'un certain nombre de cadres supérieurs à qui le Président Houphouët-Boigny avait fait une grande promotion dans l'administration. Et pour cela, à n'importe quel moment, il pouvait te rendre une visite inopinée.

Je craignais de me laisser surprendre. Mais à côté de cela, j'affectionnais le luxe. J'engageai donc les travaux de construction de ma villa au mépris de toutes les menaces. Au bout d'un an, elle était achevée. La maison fut entièrement équipée de meubles importés de type Louis XIV.



Le jour de l'inauguration du chef-d’œuvre, mes amis et moi arrivâmes d'Abidjan pour passer le week-end au village. Je fis immoler des béliers blancs en l'honneur des ancêtres. Toute la soirée, ce fut la fête. On dansa et on but.

La nuit tombée, une scène des plus insolites va se produire.

Un homme, sorti de nulle part, ligota tout le monde et les fit entrer tous au salon. L’intrus qui avait mon visage et deux fois ma taille était comme un géant. Tout le monde était apeuré. On entendait des cris de détresse. J'étais comme hypnotisé parce qu'on m'avait déjà prévenu.

Le géant était vêtu d'une redingote, à la manière des hommes sur l'un des tableaux qui ornaient la maison. En plus, il portait dans ses pieds de bois, une vieille paire de bottes. A l'aide d'un fouet, il nous battit toute la nuit. Les villageois entendant nos cris de détresse accoururent mais les portes dg la résidence demeurèrent hermétiquement fermées. Le calvaire dura des heures.

C'est alors que, me saisissant par le collet, il me souleva de terre et me dit : « tu m'as méprisé en bâtissant ta maison dans ma demeure. On verra qui de nous deux est le vrai maître ici. Si tu restes. Je m’en vais. Mais il faudra me vaincre d'abord ». Terrifiés par la scène, dès le lendemain matin, mes amis et moi quittâmes le village sans crier gare. Je jurai de me venger. Je revins la semaine suivante avec un collège de féticheurs pour exorciser ma maison. Ce sont eux qui apprendront à tout le monde que l’Iroko adjacent à la villa était habité par un puissant génie du nom de « pembô » et que c’était ce dernier qui hantait la maison.

Il y eut des rituels et je fis venir des bulldozers pour déraciner l’arbre. Ce fut peine perdue. Tous les conducteurs de ces engins devinrent, curieusement, fous.

En définitive, j’abandonnai ma villa aux mains de «  Pembô, le génie de l'iroko et décidai de rester définitivement à Abidjan avec mes enfants. 

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