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Les clés remises officiellement samedi au Premier ministre: La vraie histoire de l’hôpital catholique Saint Joseph Moscati

Les clés remises officiellement samedi au Premier ministre: La vraie histoire de l’hôpital catholique Saint Joseph Moscati

Source : L’intelligent d’Abidjan

Septembre 2009- mars 2014, voilà le temps qu’il a fallu pour bâtir et livrer l’hôpital qui se dresse aux côtés de la basilique Notre-Dame de la paix dans la ville de Yamoussoukro, au centre du pays. Cinq années seulement, qui auraient pu courir beaucoup plus rapidement, dès après la pose de la première pierre le 6 septembre 1992 par Félix Houphouët-Boigny le Président de la République, en présence de Alassane Ouattara son Premier ministre. Au total, l’achèvement du projet a été étalé sur 22 ans, non seulement à cause du décès du premier chef d’Etat ivoirien en décembre 1993 mais aussi à cause des arrêts-reprises (quatre fois) dues aux autorités ecclésiastiques de l’église catholique de Côte d’Ivoire et du Vatican, de même que pour des raisons financières diverses. Le Président Houphouët-Boigny avait prévu et laissé 13 milliards de francs CFA en argent liquide et en patrimoine personnels pour financer et gérer cet hôpital, souhaité et demandé par le Pape Jean Paul II. Mais le représentant du Vatican, Mgr Ambrose Madtha, arrivé en Côte d’Ivoire en 2008, faisait savoir que le budget devait servir pour moitié à la construction de l’établissement et pour moitié, à faire face aux charges d’exploitation et de gestion. Pour cela, il annonça un hôpital de 100 lits. Un choix et une annonce auxquels n’adherait pas (officieusement) l’architecte ivoirien Roger M’bengue à qui le Président avait lui-même (et avec les bons offices de Joseph Amichia, l’ambassadeur au Vatican) confié le projet. Selon le technicien, l’ancien chef de l’Etat avait clairement demandé de construire un hôpital ultramoderne qui aurait un grand rayonnement en Afrique. Car Félix Houphouët-Boigny s’était toujours convaincu que rien n’était ni trop coûteux ni trop beau pour Dieu. Ainsi, l’architecte fait donc, avec le Président (affirme-t-il) le choix d’un hôpital de 250 lits qui serait pris en charge par la totalité du budget prévu à cet effet. Le nonce apostolique pour sa part gagne d’abord la bataille des options et ne consent à dégager que la somme de 6,5 milliards de francs (le budget ayant été transféré peu avant 2008 au Vatican) alors que les travaux, tels qu’engagés, ne pouvaient se suffire de cette somme. Conséquence : un ralentissement de ceux-ci que l’architecte, jouant à la fois son expertise technique et sa réputation, met un point d’honneur à résorber. Il frappe alors aux portes de l’Etat et obtient des promesses, mais pas encore l’argent. L’argent, le nerf de la guerre Officiellement entré en fonction début 2011, l’actuel chef de l’Etat qui connaît le dossier financier va au-delà de sa surprise (sur l’insuffisance des ressources) et accepte d’offrir un appui pécuniaire, vers la fin de l’année 2012. Ce qui permet un certain avancement du projet et même la fixation par l’architecte, d’une date de réception de l’hôpital, à savoir le mois de décembre, la date précédente, celle du 11 février (correspondant à la journée mondiale des malades) envisagée, n’ayant pu être respectée. Ces deux premières dates seront finalement sans effet autant que le troisième délai annoncée, à savoir le premier trimestre de l’année 2013, qui se prolongera jusqu’au premier trimestre, car l’argent, ‘’le nerf de la guerre’’ faisait à nouveau défaut pour parachever l’ouvrage. Il en fallait en effet pour acheter les matériaux et payer les entreprises afin de faire avancer les travaux. Le second semestre est dès lors mis à profit pour trouver les fonds. L’architecte joue encore de ses entrées et des appuis au sein de l’Etat et la chance lui sourit lorsqu’est annoncé un partenariat public-privé (PPP) pour résoudre le problème. Le financement est mis en place en octobre puis la somme de 6,5 milliards est trouvée et affectée au projet pour qu’il soit achevé. L’Etat donne les moyens et se donne aussi la possibilité de contrôler et de superviser le chantier pour accompagner de manière accélérée cette dernière phase. Ainsi voit-on se succéder les visites de chantier conduites par le Premier ministre Daniel Kablan Duncan qui apparait désormais comme le véritable chef de chantier. Et qui ne ménage aucun effort, soutenu qu’il est par le Bnetd, partenaire technique de l’Etat et par certains membres du gouvernement, afin de stimuler cette accélération. On se donne alors un nouveau délai : le troisième trimestre 2013. L’architecte n’en continue pas moins de clamer qu’il lui faut six mois pour terminer complètement y compris les derniers petits détails techniques de finition. Ainsi s’écoule l’année 2013 et arrive l’année 2014 et l’on repense à la date symbolique de la journée mondiale des malades pour voir l’hôpital livré peu avant. Le Premier ministre reprend les visites de chantier, avec sa délégation habituelle, mais il y aura encore quelques rendez-vous manqués. La visite du 7 février 2014, porteuse d’espoirs n’a pas vu la réception de l’établissement médical. Motif mis en avant : quelques malfaçons à divers endroits alors que les architectes et autres sociétés qui y travaillent estiment que les travaux sont totalement terminés. Le Premier ministre reconnaît lui-même : « Mon sentiment est que l’hôpital est à 98% terminé ». Les 20% restants sont réservés à ces malfaçons qu’on peut encore corriger rapidement. Alors confiants, techniciens et gouvernement se donnent un ultime rendez-vous : le 23 février selon les premiers, le 28 février selon le second. C’est au début de ce mois de mars. Ce délai a été tenu. « L’hôpital est livré » selon la formule consacrée. C’est ce qu’a réaffirmé l’architecte principal du projet. M. Roger M’bengue, rencontré le 19 mars dernier est catégorique : « tout est terminé. La mise en route peut désormais être engagée. Les clés de l’hôpital seront remise officiellement au Premier ministre, le samedi 29 mars ». Mais sera-t-il fonctionnel immédiatement ? « Le bâtiment et une partie des équipements essentiels seront livrés. Il y aura une première phase de mise en route avec l’administration, l’équipe médicale et certains équipements. La seconde phase de la mise en route sera effective dans deux mois avec, nous l’espérons, la totalité des équipements qui sont des appareils lourds » explique-t-il. Hôpital ultra performant En somme, à partir du 28 mars, l’hôpital du jour entrera donc en fonction à travers les consultations, les urgences, les laboratoires, le bloc obstétrical, selon M. Roger M’bengue. Pour le fonctionnement de cet hôpital catholique présenté comme hyper-moderne, avec un plateau technique qu’on a voulu le plus performant de l’Afrique de l’Ouest, le coût de l’ensemble des équipements sera de l’ordre de 4 à 5 milliards de francs CFA. Il faut rappeler que, conçu au départ comme un hôpital général, il est construit aujourd’hui dans l’optique de passer au niveau supérieur, à savoir le stade de centre hospitalier universitaire (Chu). Il va donc assurer à la fois une mission hospitalière, une mission de soins de santé primaires et une mission de formation et de recherche médicale. Une faculté de médecine et de sciences de la santé y sera bientôt agrégée dans le cadre d’une université catholique qui va être construite d’ici peu, elle aussi aux côtés de la Basilique. L’hôpital Saint Joseph Moscati offrira une gamme de services allant de la chirurgie jusqu’aux spécialités : services obstétricaux, pédiatriques, chirurgicaux, de laboratoire, d’urgence et de soins médicaux divers. Pour tout cela, les premiers équipements ont été acquis pour la somme d’environ 2 milliards de francs. Des négociations sont en cours pour la seconde partie qui devrait coûter près de 3 milliards. Bientôt, pourront donc entrer en action, les prêtres et les religieuses de Saint Camille, venant du Burkina Faso et d’ailleurs. Une congrégation catholique pour diriger et gérer un hôpital catholique, financé par un chef d’Etat catholique à la demande du chef de l’Eglise catholique universelle (le Pape Jean Paul II, à cette époque là, en 1990). Cet hôpital est l’expression renouvelée de l’affirmation de la foi du premier chef d’Etat, Félix Houphouët-Boigny, et il appartient désormais au patrimoine de l’église catholique. L’ancien et défunt président le voulait comme l’hôpital le plus performant de la région ouest-africaine, pour tous les enfants du Bon Dieu. Bien qu’il ait pris toutes les dispositions pour cela, c’est l’un de ses successeurs qui fut son seul Premier ministre, un musulman qui, par un complément de financement, a permis l’achèvement du projet, ce dont il convient de le remercier à la juste mesure. Les soins seront prodigués par une équipe médicale de haute volée, comprenant des professeurs de médecine et des personnels de santé ivoiriens. Leur savoir et leur savoir-faire va sinon impulser le rayonnement de cet hôpital qui était un projet majeur, au moins y contribuer fortement. L’établissement est désormais livré et il pourra être ouvert dans quelques semaines, puis commencera à fonctionner et sera totalement fonctionnel, selon toute probabilité, dans deux mois. Le Premier ministre Daniel Kablan Duncan en a reçu les clés samedi dernier en marge du 44e sommet des chefs d’Etat de la Cedeao tenu à Yamoussoukro (vendredi et samedi, les 28 et 29 mars 2014). Le chef du gouvernant qui le mois dernier concluait que l’hôpital étant terminé à 98%, a dit qu’il l’est désormais à 99,98%. Le Directeur général a été de son avis. Le gouvernement et l’Etat étaient visiblement heureux de se voir livrer l’établissement. Il reste maintenant à fixer la date de son inauguration. L’ensemble des travaux aura coûté environ 15 milliards de francs CFA pour 27. 000 mètres carrés, bâtis sur un terrain de 25 hectares. On peut l’affirmer, la conception de l’édifice a été d’un très haut niveau, de même que le suivi technique par les entreprises choisies. Une conception sérieuse, pointue et rigoureuse pour un hôpital ultra-moderne, nouvel élément de renforcement des relations entre l’Etat et l’Eglise de Côte d’Ivoire avec l’Etat du Vatican et le Saint-Siège.

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