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Interview

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Augustin Thiam (Gouverneur du District de Yamoussoukro) : “J’ai vite détecté en Ouattara les qualités de mon grand-père”

Source : Le Patriote

Le chef de l’Etat sera à partir de demain dans la région du Bélier et dans le District autonome de Yamoussoukro, pour une visite d’Etat. En prélude à cette visite, nous avons rencontré le Gouverneur du District autonome de Yamoussoukro, Augustin Thiam. Dans cette interview, il nous fait le point des avancements des chantiers et nous parlent du président de la République et de son inspirateur, Félix Houphouët-Boigny, son grand-père. Entretien.
Le Patriote : Monsieur le Gouverneur, dans quelques heures, le président de la République effectuera une visite d’Etat dans le District de Yamoussoukro et dans le Bélier. En tant que premier magistrat de la capitale politique ivoirienne, comment entrevoyez-vous cette visite ?
Thiam Augustin : Je situe cette visite du président Ouattara, à l’instar de celles effectuées dans les autres différentes régions et Districts de Côte d’Ivoire, dans le cadre des visites que le président Houphouët-Boigny organisait à l’occasion des fêtes nationales. Il les mettait à profit pour créer de nouvelles infrastructures socioéconomiques (routières, hôtelières, etc.) dans ces régions. Vous comprenez donc l’enthousiasme des populations, qui sont impatientes de voir et toucher leur président. Et en même temps, avant qu’il n’arrive, cela nous permet de faire l’Etat des lieux, d’accélérer les travaux et de faire la toilette de la ville. Cette visite nous permet également de résoudre les problèmes d’eau, d’électrification et de réaliser un livre blanc. Parce que le président de la République doit être informé de nos attentes.

LP : Vous avez parlé des retombées positives ?

TA : Je vous invite, si vous ne l’avez pas encore fait, à visiter la ville, ses rues et vous verrez le travail abattu. Regardez par exemple les axes routiers comme celles de la rue des maquis, de l’Habitat, la voie principal qui passe devant la grande mosquée de Dioulabougou et même les rues non bitumées ont à 80% été rechargées. Des feux tricolores ont été placés à des interceptions principales. Il y a des ralentisseurs et les rues sont entièrement bitumées, quand d’autres ont été ré-profilées. A 80%, les chantiers ont été réalisés. 95% des ampoules ont été changées. Faites le tour de la ville et vous verrez.

LP : Nous savons aussi que ces visites sont une occasion de relever le pari de la mobilisation. Pensez-vous pouvoir faire mieux que Bouaké à ce niveau ?

TA : Si c’est en termes de quantité, ce n’est pas possible. N’oubliez pas que la population de Bouaké, c’est deux à trois fois celle de Yamoussoukro. Par contre, ce que nous pouvons vous promettre, c’est la qualité. Il faut qu’on lui réserve un accueil exceptionnel, de qualité en termes de civilité et de chaleur humaine pour qu’il se sente vraiment chez lui. Et que son intention de venir s’installer ici à Yamoussoukro grandisse et qu’il vienne.

LP : Cette visite dans la ville natale de Félix Houphouët-Boigny, que représente-t-elle pour vous, en tant qu’un héritier du Sage de Yamoussoukro ?

TA : Vous savez que depuis un certain temps, le président de la République tourne dans le V Baoulé. Il a commencé par Sakassou, là où tout commence pour le peuple baoulé et il terminera sa tournée à Yamoussoukro, la où tout commence pour la Nation ivoirienne, c’est-à-dire la ville de Félix Houphouët-Boigny. Ce n’est quand même pas un hasard que le président Ouattara ait organisé sa tournée en pays Baoulé de la sorte. Premier symbole. Deuxième symbole, Félix Houphouët-Boigny a dit ceci : « Je trace les sillons. A mes successeurs de les accroitre, de les approfondir et de les développer». Voilà l’autoroute du Nord. En 1974, Houphouët-Boigny a initié ce chantier. Le président Ouattara l’a poursuivi jusqu’ à Yamoussoukro. Il entend continuer cette autoroute jusqu’à Bouaké et à la frontière du Burkina Faso. Deuxième symbole. Troisième symbole, il y a trois ans que nous nous sommes réunis ici à Yamoussoukro, 5000 chefs, pour initier le concept « Alla Gnissan ». Alla Gnissan a été élu et maintenant, il est de retour. Quatrième symbole, dans toutes ses interventions, le président Ouattara ne fait que vanter la qualité de ses relations avec le président Henri Konan Bédié, son ainé. A l’occasion des 20 ans du décès du président Houphouët, ils se sont rendus au caveau pour s’incliner sur sa tombe, prier ensemble à la Basilique. Cinquième symbole, le président Ouattara décide d’entreprendre une visite d’Etat dans l’antre de l’Houphouétisme, Yamoussoukro. Ce que j’appelle La Mecque de l’Houphouétisme. Il est vrai que ma parenté avec Houphouët est réelle. Mais voilà qu’Alassane Ouattara, fils de Félix Houphouët-Boigny, continuateur de son ?uvre, vient à Yamoussoukro où il sera accueilli par son petit-neveu, qui est devenu Gouverneur de Yamoussoukro par sa seule volonté, c’est tout un symbole. Et cela démontre la qualité des relations que le chef de l’Etat à avec la famille Houphouët-Boigny. La qualité qu’il y a entre le Nord et le Centre, l’Est et le Centre, l’Ouest et le Centre et le Sud et le Centre prouve que Yamoussoukro est vraiment le carrefour de la Côte d’Ivoire où tous les peuples de Côte d’Ivoire peuvent se rencontrer et communier. Voilà toute la symbolique de cette visite.

LP : Au cours de la campagne présidentielle, le président Ouattara avait promis s’installer à Yamoussoukro lorsqu’il deviendra président de la République. Aujourd’hui, cette promesse tarde à se réaliser. Est-ce ce n’est pas un problème en ce moment entre lui et les populations de Yamoussoukro ?

TA : Non. C’est un problème pour vous les commentateurs. Nous, nous ne sommes pas pressés. Vous savez, quand vous dites que vous avez foi en Dieu, vous n’avez pas besoin que Dieu confirme votre foi tous les jours. Moi j’ai foi au président Alassane Ouattara. Parce que c’est un homme de parole. Ce qu’il a dit, il le fera. Dans l’état actuel des choses, il ne peut pas du jour au lendemain venir s’installer ici. Il y a des préalables à réunir. Il y a même déjà des prémices. Il y a le Conseil des ministres qui se tient régulièrement à Yamoussoukro. Ce qui n’était pas le cas avant. Il y a la visite d’Etat qu’il s’apprête à faire ici. Il y a l’autoroute du Nord qui est arrivée à Yamoussoukro qui sera inaugurée demain. C’est l’un des facteurs de son installation ici. Demain, il y aura une liaison aérienne, Air ivoire, Abidjan-Yamoussoukro tous les jours. Rome ne s’est pas fait en un jour. Le déménagement du président Ouattara à Yamoussoukro ne se fera pas en un jour. S’il a dit, il le fera. Et une de nos qualités est la patience. Nous sommes patients et nous pensons qu’il va venir.

LP : Vous qui êtes un des héritiers de Félix Houphouët-Boigny, pensez-vous que le président Ouattara a les qualités requises pour ressembler à votre aïeul ?

TA : Je pourrais trouver presqu’insultante que vous me posiez cette question. Parce que c’est une raison qui fonde mon adhésion au RDR. Souvent les militants ne le comprennent pas. Mais, j’ai coutume de dire que je suis Alassaniste avant d’être RDR. Moi, les qualités du président Ouattara, je les ai détectées depuis 2002. J’ai reconnu en lui certaines qualités que j’avais vues chez mon grand-père. Dans sa façon de gérer sa famille, ses relations avec ses frères et s?urs et avec la famille Boigny. Je n’ai pas dit que le président Bédié n’a pas ses qualités. Mais je n’ai pas eu la chance d’être plus près de lui que le président Alassane Ouattara pour les connaitre. C’est parce que j’ai détecté ses qualités que je me suis rangé derrière lui et j’ai tout fait pour qu’il soit élu. Et plus le temps passe, plus je suis conforté dans mon choix. Le président Ouattara ne parle que de paix, de dialogue, de pardon et de rassemblement. Tous les jours, il pose des actes qui démontrent qu’il est vraiment le digne fils de Félix Houphouët-Boigny et de sa philosophie politique.

LP : Le président de la République a dit qu’il est candidat à sa propre succession. Vous qui dites que vous êtes un Alassaniste convaincu, comment préparez-vous l’échéance de 2015 ?
TA : Vous savez très bien que pour tout ce qu’il accomplit actuellement, un mandat ne suffit pas. Le président de la République a vraiment besoin d’un deuxième mandat pour mener à bien ses chantiers et nous, nous allons nous battre à notre niveau pour qu’il obtienne ce deuxième mandat. Et le plus grand service que je peux faire pour qu’il soit élu, c’est de faire mon travail. C’est d’améliorer la qualité de vie de mes administrés, pour que leurs conditions de vie changent réellement. De sorte que les populations de Yamoussoukro sans hésitation aillent voter pour lui, du fait du travail accompli. Si chaque responsable, au poste où il se retrouve, se bat pour changer la vie des populations, je crois le président Ouattara n’aura pas de mal à être réélu. Moi, à mon humble niveau, je veux que sa victoire ne souffre d’aucune contestation et qu’il soit le choix des Ivoiriens dans leur large majorité en 2015.

LP : Cela fait 20 ans que le président Houphouët est décédé. Que deviennent son héritage et sa pensée philosophique ?

TA : Vous savez, 20 ans dans la vie d’une nation, ce n’est rien. La pensée du président Houphouët-Boigny est comme celle de tous les grands hommes. Elle est éternelle. La paix, l’amour du prochain, le don de soi sont l’apanage d’aucune culture. Ce sont des valeurs pérennes qui défient le temps. Rien de durable ne se construit sur la haine. Si vous voulez construire quelque chose de solide et de durable, c’est sur l’amour que vous ne pouvez que le construire. C’est la pensée de Félix Houphouët-Boigny. Et elle est encore là pour très longtemps. Pour terminer, je voudrais appeler pour cette visite d’Etat dans notre région à l’entente et à l’union. Il faut que chacun fasse un effort sur lui-même, se dépasse et oublie ses querelles personnelles pour que main dans la main, dans l’union et la concorde, on reçoive le président Alassane Ouattara. Je souhaite aussi que cette concorde transcende le temps pour que même après son départ, on continue de s’asseoir et de se parler. Car il n’y a pas de problème qui ne peut être régler par le dialogue.
Réalisée par Jean-Coulibaly (Envoyé spécial à Yamoussoukro)

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